7 indices pour reconnaître un tapis fait main
1. Retournez le tapis et observez son envers
L'endroit d'un tapis nous montre avant tout son décor et son velours. Son envers permet davantage d'observer sa construction. Sur un tapis noué à la main, le dessin reste généralement identifiable au revers et il est possible d'observer la structure du nouage.
Regardez également la régularité de l'ensemble. Une fabrication mécanique peut présenter une structure extrêmement uniforme et répétitive, alors qu'un travail manuel laisse souvent apparaître de petites variations.
Ces différences peuvent être discrètes. Il ne faut donc pas rechercher nécessairement un envers très irrégulier : un tapis noué avec beaucoup de maîtrise peut présenter une grande régularité tout en ayant été entièrement réalisé à la main.
L'envers peut aussi révéler une construction différente. Certains tapis tuftés possèdent par exemple un support secondaire qui masque la structure des fils.
Premier réflexe, donc : avant d'essayer d'identifier un tapis, retournez-le.
2. Regardez comment les franges sont fixées
Les franges constituent un deuxième indice particulièrement utile, à condition de comprendre leur rôle.
Sur de nombreux tapis traditionnels noués à la main, elles ne sont pas simplement ajoutées pour décorer la pièce. Elles correspondent au prolongement des fils de chaîne, c'est-à-dire des fils longitudinaux qui participent à la structure même du tapis.
Examinez donc la jonction entre le tapis et ses franges. Si celles-ci semblent prolonger naturellement sa structure, cela constitue un indice intéressant en faveur d'une fabrication traditionnelle.
À l'inverse, certaines fabrications mécaniques reçoivent des franges ajoutées après la fabrication du tapis.
Mais là encore, évitons une conclusion automatique.
Les franges constituent une partie particulièrement exposée à l'usure et peuvent avoir été remplacées ou reprises au cours de la vie d'un tapis. Une ancienne restauration peut donc rendre cet indice beaucoup moins évident.
3. Examinez les nœuds
Sur un tapis noué à la main, le velours est obtenu par la fixation de fils autour des fils constituant sa structure. L'accumulation de ces nœuds forme progressivement le décor du tapis.
Ils peuvent généralement être observés depuis son envers.
Approchez-vous et examinez une petite zone. Vous pourrez éventuellement constater de légères différences dans la forme, l'espacement ou le serrage du nouage. Ces variations sont compatibles avec un travail manuel.
À l'inverse, une régularité extrêmement uniforme peut orienter vers une fabrication mécanique.
Il faut cependant rester prudent : irrégulier ne signifie pas automatiquement fait main, pas plus que très régulier ne signifie automatiquement industriel. Le niveau de maîtrise de l'artisan, la technique employée et le type de tapis influencent fortement son aspect.
C'est donc une fois encore la combinaison des indices qui compte.
4. Observez les lisières
On pense spontanément aux franges, beaucoup moins aux deux autres côtés du tapis.
Les lisières correspondent aux bords longitudinaux de la pièce. Elles participent à sa finition mais aussi à la protection de sa structure.
Sur un tapis fait main, leur construction et leur finition peuvent fournir des informations complémentaires sur la technique employée. Observez la façon dont les fils sont enveloppés et la manière dont la lisière s'intègre à l'ensemble du tapis.
Profitez-en pour vérifier son état. Une lisière qui commence à s'ouvrir ou dont certains fils se détachent mérite une attention particulière : la bordure protège une partie de la structure du tapis et sa dégradation peut progresser.
Dans ce cas, la question n'est plus seulement d'identifier le mode de fabrication. Une réparation ou restauration du tapis peut permettre d'intervenir sur les parties fragilisées avant que les dommages ne s'étendent.
5. Regardez les matières et le velours
La matière apporte elle aussi des informations, mais elle est souvent mal interprétée.
La laine est extrêmement fréquente dans les tapis traditionnels. La soie peut être employée pour des pièces particulièrement fines ou pour certains détails. Le coton est également utilisé, notamment pour la structure de nombreux tapis.
À l'inverse, les tapis contemporains peuvent faire appel à différentes fibres synthétiques.
Pour autant :
laine ne signifie pas automatiquement fait main et matière synthétique ne signifie pas automatiquement fabrication mécanique.
La matière constitue donc un élément à examiner avec les autres caractéristiques de la pièce, plutôt qu'une preuve à elle seule.
Observez également le velours : sa densité, sa hauteur, son toucher et les variations éventuelles entre différentes zones peuvent compléter vos observations.
6. Cherchez les petites irrégularités du travail manuel
Un objet fabriqué à la main n'est pas nécessairement parfaitement symétrique.
En observant attentivement un tapis artisanal, on peut parfois remarquer de petites variations dans les motifs, le nouage, les dimensions ou l'alignement de certains éléments.
Elles ne constituent pas forcément des défauts. Elles peuvent simplement témoigner du processus de fabrication et du travail réalisé progressivement par le tisserand ou le noueur.
Mais il faut ici se méfier d'un raccourci particulièrement tentant :
une imperfection ne prouve pas l'authenticité d'un tapis.
Une fabrication de qualité médiocre peut elle aussi présenter des défauts. À l'inverse, le travail d'un artisan expérimenté peut être remarquablement régulier.
Utilisez donc ces variations comme un indice supplémentaire, jamais comme un certificat d'authenticité.
7. Examinez la densité du nouage
Si les nœuds sont suffisamment visibles au revers, vous pouvez observer leur densité sur une petite surface.
Plus le nouage est dense, plus il devient généralement possible de réaliser des motifs fins et détaillés. C'est pourquoi la densité constitue l'un des éléments étudiés lorsqu'on examine certains tapis.
Mais elle donne lieu à une autre idée reçue : « Plus un tapis possède de nœuds, plus il est forcément beau, précieux ou de grande valeur. »
Ce n'est pas aussi simple.
Certaines traditions recherchent une très grande finesse de nouage tandis que d'autres produisent volontairement des tapis aux dessins plus géométriques avec une structure moins dense. La qualité des matières, la maîtrise de l'exécution, l'origine, l'âge, l'état et l'intérêt de la pièce doivent également être considérés.
Compter les nœuds peut donc renseigner sur la construction d'un tapis ; cela ne permet pas, à lui seul, d'en déterminer la qualité ou la valeur.
Fait main, noué main, tissé main et tufté main : quelles différences ?
L'expression « tapis fait main » recouvre plusieurs techniques qu'il ne faut pas confondre.
Le tapis noué à la main
Dans un tapis noué main, les fils qui formeront le velours sont noués individuellement autour des fils constituant la structure du tapis.
Cette technique permet de réaliser des pièces extrêmement variées, des tapis aux motifs relativement simples jusqu'aux décors d'une très grande finesse.
Les tapis persans et de nombreux tapis orientaux traditionnels appartiennent notamment à cette famille.
Le tapis tissé à la main
Un tapis peut être fait main sans être noué.
C'est notamment le cas des kilims, qui sont traditionnellement obtenus par tissage. Ils ne possèdent donc pas le même velours qu'un tapis noué.
Chercher des nœuds sur un kilim pour déterminer s'il est artisanal n'aurait ainsi guère de sens : sa technique de fabrication est différente.
Le tapis tufté main
L'expression peut prêter à confusion.
Pour réaliser un tapis tufté main, les fils peuvent être insérés dans une toile à l'aide d'un outil de tuftage. Un support est ensuite généralement appliqué à l'arrière pour maintenir l'ensemble.
Il y a donc bien une intervention manuelle, mais la construction n'est pas celle d'un tapis traditionnel noué à la main.
Cette distinction explique pourquoi il vaut mieux identifier la technique de fabrication avant de tirer des conclusions à partir d'un seul détail.
Le tapis tufté main
L'expression peut prêter à confusion.
Pour réaliser un tapis tufté main, les fils peuvent être insérés dans une toile à l'aide d'un outil de tuftage. Un support est ensuite généralement appliqué à l'arrière pour maintenir l'ensemble.
Il y a donc bien une intervention manuelle, mais la construction n'est pas celle d'un tapis traditionnel noué à la main.
Cette distinction explique pourquoi il vaut mieux identifier la technique de fabrication avant de tirer des conclusions à partir d'un seul détail.
Les erreurs fréquentes lorsqu'on cherche à identifier un tapis fait main
Quelques raccourcis circulent fréquemment. Ils sont séduisants parce qu'ils permettent apparemment d'obtenir une réponse en quelques secondes.
La réalité est généralement plus nuancée.
« Les franges font partie du tapis, donc il est forcément fait main. »
C'est un indice intéressant, notamment pour un tapis noué traditionnellement, mais il doit être confronté aux autres caractéristiques de la pièce.
« Le tapis n'est pas parfaitement symétrique, donc il est artisanal. »
Les petites variations peuvent effectivement résulter du travail manuel, mais une irrégularité ne constitue pas une preuve.
« Il possède énormément de nœuds, donc il a beaucoup de valeur. »
La finesse du nouage est un critère parmi d'autres. Elle ne permet pas d'estimer seule la qualité ou la valeur.
« Il est en laine, donc il est fait main. »
De nombreux tapis industriels sont également fabriqués en laine.
« Il est fait main, donc il est ancien. »
Des tapis sont encore aujourd'hui noués ou tissés artisanalement. La méthode de fabrication ne permet donc pas, à elle seule, de dater une pièce.
Peut-on reconnaître l'origine d'un tapis soi-même ?
Identifier une fabrication artisanale est une chose ; attribuer précisément un tapis à une région, une époque ou une tradition en est une autre.
Les motifs peuvent fournir des indications, tout comme les couleurs, les matières, le type de nœud, les dimensions ou certaines particularités de construction. Leur interprétation nécessite cependant davantage de connaissances.
Un même type de dessin peut avoir circulé entre différentes régions. Certaines productions se sont également inspirées de traditions plus anciennes ou ont été destinées à des marchés particuliers.
Il faut donc être prudent avec les applications, sites ou comparaisons photographiques qui prétendent attribuer avec certitude une origine à partir du seul motif.
Une photographie peut permettre d'émettre des hypothèses. L'identification précise d'une pièce demande généralement d'en considérer l'ensemble des caractéristiques
Un tapis fait main a-t-il forcément de la valeur ?
Non.
C'est probablement la distinction la plus importante à retenir après avoir identifié une fabrication artisanale.
Un tapis fait main peut être récent ou ancien, courant ou rare, très fin ou plus rustique. Deux pièces toutes deux nouées à la main peuvent ainsi présenter des valeurs très différentes.
L'estimation tient compte d'un ensemble de critères parmi lesquels peuvent figurer :
- l'origine et l'époque ;
- les matières employées ;
- la technique et la qualité de fabrication ;
- la finesse du nouage lorsqu'elle est pertinente ;
- les dimensions ;
- l'état de conservation ;
- les restaurations antérieures ;
- la rareté et l'intérêt de la pièce.
L'ancienneté elle-même ne garantit pas une valeur importante.
Si vous possédez un tapis dont vous souhaitez connaître plus précisément l'origine ou la valeur, Atelier Dumas Tapis propose également un service d'estimation et d'expertise de tapis anciens, persans et orientaux.